Coopération culturelle

- La République Démocratique du Congo, qui a pour langue officielle le français, est le deuxième pays francophone du monde par sa population. Le nombre de francophones est estimé à 15 millions de personnes, mais dont 3 millions seulement maîtrisent parfaitement notre langue. La langue française est la langue des élites, de l’administration, des médias et de la communication, des affaires etc.

- Immense territoire situé au carrefour des Afriques subsaharienne, soudanienne, centrale et australe, la RDC possède des cultures d’une très grande diversité. Au-delà des richesses patrimoniales que compte le pays (langues, art ancien, musique, contes...), de multiples expressions contemporaines animent les grandes villes, creusets de cultures ancestrales et de pratiques urbaines venues du monde entier.

- Dans ce contexte riche de potentialités humaines, notre coopération culturelle a pour principaux objectifs de promouvoir la culture et la pensée françaises, de renforcer la francophonie et la pratique du français et de soutenir la diversité culturelle par la professionnalisation des métiers culturels, tout en encourageant la création et la diffusion de la production artistique et culturelle congolaise.

Promotion de la francophonie


Le soutien et le renforcement de la francophonie en RDC constituent l’une des priorités du poste.

Le projet Sésam vise à créer des synergies entre les principaux acteurs de l’éducation (enseignants, pédagogues, cadres de l’administration, acteurs culturels...) sur tout le territoire de la RDCongo afin d’y favoriser une meilleure maîtrise et un meilleur usage du français par la population.

Dans ce but, et comme le précise l’acronyme, Sésam regroupe un ensemble de services pouvant être proposés dans un espace dédié ou via les technologies de l’information et de la communication, la mise en place de formations adaptées, la dotation et la remise en état d’espaces permettant un meilleur accès aux savoirs, ou, enfin, le financement ou le cofinancement d’actions, de programmes, en pleine adéquation avec les objectifs cités plus haut.

Mis en œuvre début 2009, le projet est entré dans sa phase opérationnelle dès septembre.

Lors de cette phase, l’action est circonscrite à six provinces-pilotes (Bas congo, Sud Kivu, Nord Kivu, Province Orientale, Katanga et ville-province de Kinshasa). Une seconde phase devrait voir Sésam offrir ses services sur l’intégralité du territoire de la RDCongo.

Le projet Sésam est financé par l’Etat français dans le cadre du Fonds de Solidarité Prioritaire et est mis en oeuvre en étroite collaboration avec les autorités congolaises par une équipe d’experts franco-congolaise.

Son budget de 5 millions d’euros sur trois ans le place aux premiers rangs parmi les fonds de coopération français dans le monde.
Enfin, la diffusion de l’écrit, préoccupation constante depuis 2002, sera favorisée.

Le réseau culturel francophone

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Outre l’Institut français de Kinshasa (Halle de la Gombe), notre présence culturelle en RDC s’affirme à travers l’institut de Lubumbashi (Halle de l’Etoile) et les Alliances Franco-Congolaises réparties sur tout le territoire.

Lubumbashi et le Katanga sont des lieux stratégiques pour la francophonie, derniers bastions de la culture française aux confins de l’Afrique Australe anglophone.
Cet espace culturel vise au travers du livre et de la lecture, de l’audiovisuel, appuyés par les nouvelles technologies, à diffuser la culture française dans les domaines les plus divers. Il doit également contribuer à une meilleure connaissance et à une mise en valeur des cultures lushoise et katangaise sous tous leurs aspects : théâtre, musique, danse audiovisuelle, patrimoine architectural et ethnographique

Contact : www.hallelubum@yahoo.fr

Les Alliances Franco-Congolaises

Présentes en République Démocratique du Congo depuis 1973, les Alliances françaises ont pris le nom d’Alliances franco-congolaises pour mieux mettre en évidence la collaboration étroite qui préside à leur fonctionnement. Le réseau compte actuellement 9 Alliances fonctionnelles.

Certaines, comme celles de Kinshasa, Lubumbashi et Kananga sont solidement ancrées et bénéficient de subventions annuelles de la coopération française. D’autres se relèvent de périodes difficiles (pillages de 91 et 93, guerres à l’Est du pays) : il s’agit des Alliances de Matadi, Kisangani, Mbanza-Ngungu, Bukavu, Goma (ensevelie en 2002 sous les laves du volcan Nyragongo). Dans le cadre d’une coordination animée par l’Ambassade de France, ces Alliances reçoivent divers appuis depuis janvier 2004 avec l’objectif de les revitaliser.

Le rôle des Alliances Franco-Congolaises implantées dans les provinces est d’autant plus important qu’elles sont souvent le seul opérateur culturel présent (bibliothèque/médiathèque, cours de français, d’informatique, organisation de conférences, spectacles, etc).

L’Alliance de Kinshasa, quant à elle, présente la particularité d’implantations géographiques distinctes : centre ville (site de la Gombe), quartier périphérique de Lemba, campus de l’Université de Kinshasa, en adéquation avec les besoins de l’immensité de l’agglomération et de la diversité des publics.
Contact : afkinshasa@yahoo.fr

Travaillant en collaboration étroite avec la Délégation Générale à la Francophonie en RDC, le réseau des Alliances franco-congolaises soutient le concours national d’orthographe française (finances et logistiques). Il favorise des activités littéraires créatives, avec l’organisation d’ateliers d’écritures (nouvelles et poésies).

Soutien à la diversité culturelle

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AUDIOVISUEL ET MEDIAS
LE PAYSAGE AUDIOVISUEL CONGOLAIS


- LA TELEVISION

La RDC compte à l’heure actuelle 63 chaînes de télévisions locales. 28 chaînes de télévisions émettent aujourd’hui en fréquences hertziennes sur la ville de Kinshasa. La chaîne nationale, RTNC, dispose de deux stations de TV (RTNC 1 et LA2). Selon le classement effectué par la Haute autorités des médias, les autres chaînes se répartissent ainsi : 13 télévisions commerciales, 8 télévisions confessionnelles, 3 télévisions commerciales et confessionnelles, une télévision humanitaire et une télévision thématique. A ces 28 chaînes locales, il faut ajouter TV5 et Euronews, diffusées gratuitement et en clair sur le réseau hertzien de Kinshasa.

La qualité de la production et de la diffusion de ces chaînes varient considérablement suivant leurs moyens. Ainsi, par exemple, si les cinq principales chaînes privées ainsi que les deux chaînes nationales disposent de quelques caméras numériques de qualité correcte (bien que non professionnelles le plus souvent), la plupart des chaînes confessionnelles utilisent des caméscopes au format VHS pour l’enregistrement de leurs émissions - les programmes étant constitués pour l’essentiel de longs prêches religieux entrecoupés de bulletins d’information et de débats politiques...

L’information politique occupe une place considérable dans les grilles de programmes de toutes les chaînes de télévision, étant donné le contexte actuel de transition politique et la forte demande de la population pour ce type d’émissions - débats.

Tous les films et documentaires diffusés sur les différentes chaînes sont piratés sur satellite ou repris à partir de DVD, à part les quelques programmes de CFI repris par la RTNC dans le cadre de son accord avec Canal France Internationale. La production locale de films ou séries télévisées est encore inexistante.

Sur le reste du territoire national, la RTNC dispose d’au moins une chaîne locale dans chaque province (deux dans la province de l’Equateur). Par ailleurs, la diffusion de la RTNC 1 sur les principales villes du pays, interrompue pour raisons techniques début 2004, a repris en novembre 2004 suite au soutien apporté à la RTNC par Teleconsult, une entreprise italienne. Ses capacités de production sont cependant limitées, en raison notamment de l’obsolescence des matériels de production et de diffusion.

Des chaînes communautaires, confessionnelles ou commerciales existent également dans la plupart des provinces (on en dénombre 20 sur l’ensemble du territoire national hors Kinshasa).

- LA RADIO

Kinshasa compte 27 radios FM locales, auxquelles il faut ajouter RFI, la BBC, et Radio Okapi - station créée par les Nations Unies avec l’appui de la Fondation Hirondelle-. La Haute autorités des médias les classe ainsi : 3 stations publiques ; 8 commerciales ; 1 communautaire ; 11 confessionnelles ; 2 commerciales et confessionnelles ; 1 humanitaire , 1 thématique.
Radio Okapi est la station qui dispose de la plus large couverture du territoire national avec une quinzaine de relais FM et une dizaine de rédactions en province. Cela donne à cette radio, dont la qualité de l’information et l’objectivité sont généralement reconnues et appréciées de l’ensemble de la population, une place de choix dans le paysage médiatique congolais.

La station nationale de radio privée Raga dispose de cinq relais FM en Province.

RFI dispose également d’une couverture exceptionnelle avec six relais FM fin 2005 (Kinshasa, Lubumbashi, Bunia, Matadi, Kisangani, Bukavu). Les journaux de RFI sont par ailleurs repris via des récepteurs WORLDSPACE par une vingtaine de radios associatives partenaires, ce qui donne aux émissions de RFI une audience de premier plan à Kinshasa et dans les provinces de la RDC.
Cependant, l’essentiel de la diffusion de programmes et d’informations dans les provinces passe par les radios associatives et communautaires locales, souvent créées et entretenues avec des moyens dérisoires et un grand sens du « bricolage ». La Haute autorité des médias dénombre fin 2005 plus de 130 radios de ce type, chiffre sans doute en dessous de la réalité car de nouvelles radios se créent (ou disparaissent) régulièrement dans des régions éloignées, parfois avec l’aide de congrégations religieuses ou d’ONG. La plupart sont réunies au sein de l’ARCO (Association des radios associatives et communautaires), qui fait l’objet d’un soutien de notre coopération.

Environ les deux tiers des émissions diffusées par ces chaînes de radio et de télévision le sont en français. Le reste en lingala et autres langues locales.

- LES BOUQUETS DE CHAINES ETRANGERES

Deux opérateurs satellites proposent des bouquets de chaînes étrangères accessibles à une clientèle privilégiée au vu de leurs tarifs prohibitifs. Ce sont Canal Satellite Horizons pour le bouquet français (une quarantaine de chaînes) et le Sud-Africain Multichoice pour le bouquet anglo-saxon. Le nombre total d’abonnés est évalué à l’heure actuelle à moins de 3000, sur Kinshasa essentiellement.

En effet, la couverture satellitaire de ces deux bouquets ne permettait de couvrir jusqu’à récemment que Kinshasa et sa région. Pour étendre leur diffusion, Canal Horizons et Multi-choice ont choisi de s’associer pour lancer en janvier 2005 un bouquet commun de chaînes françaises et anglo-saxonnes accessible via une antenne DTH sur l’ensemble du territoire national congolais.

- LES ORGANISATIONS PROFESSIONNELLES

L’UNPC (Union nationale de la Presse Congolaise), qui délivre la carte de presse, a été refondée lors du congrès national de la presse de mars 2004.

L’OMEC (Observatoire des médias congolais) a été créé lors de ce congrès. Cet organisme est chargé de l’auto-régulation de la profession.

Il s’inscrit donc aux côtés de la HAM (Haute autorité des médias) institution d’appui à la transition dont le champ et les moyens d’action ont été définis par la loi du 30 juillet 2004. La HAM fait l’objet d’un soutien de notre coopération, en particulier pour contribuer à la préparation des médias à la couverture des élections.
Plusieurs associations locales de type ONG ont vu le jour ces dernières années (Médias pour la Paix, Fopromédias, Ucofem par exemple).

JED (Journalistes en danger) représente Reporters sans Frontières au Congo.

- LA DIFFUSION AUDIOVISUELLE FRANCAISE

TV5, diffusée 24h/24 en hertzien à Kinshasa depuis 2001, est relayée en Province par de petites stations locales. A Kinshasa, la part de marché de TV5 est comprise entre 7 et 10% .

Le canal laissé vacant sur la fréquence hertzienne de Kinshasa par la disparition de CFI TV (chaîne qui était très appréciée du public) a été repris Euronews, diffusée gratuitement et 24 h sur 24 sur Kinshasa depuis décembre 2004. Ce lancement permet à l’audiovisuel français de conserver une place exceptionnelle sur le réseau hertzien de Kinshasa, puisqu’ aucune autre chaîne étrangère n’y est diffusée.

Fin 2005, RFI est diffusée en FM 24 h sur 24 à Kinshasa et sur 5 autres grandes villes du pays, grâce à ses six relais herztiens (Kinshasa, Kubumbashi, Bunia, Matadi, Kisangani, Bukavu).

RFI est également écoutée en ondes courtes et via des récepteurs World Space dans tout le pays.

RFI est plébiscitée par les auditeurs congolais, qui souhaitent néanmoins qu’une plus grande place soit accordée à l’information sur l’Afrique Centrale.

- LE CINEMA

La production cinématographique nationale est quasi-inexistante, si l’on exclut les deux ou trois réalisateurs « congolais » vivant en Europe et qui tournent parfois tout ou partie de leurs films en RDC, avec des aides du Fonds Sud ou du Fonds Image Afrique.

Au-delà des difficultés économiques, cela s’explique aussi par l’absence d’un réseau national de diffusion. La seule salle commerciale de Kinshasa, qui projetait des vidéos pirates le plus souvent, a cessé ses activités courant 2004. Une salle fonctionne encore à Lubumbashi (35 mm, 16 mm et vidéo).

Le cinéma français est diffusé dans les instituts français de Kinshasa et de Lubumbashi.
D’autres Alliances à l’intérieur du pays sont également équipées (magnétoscopes, deux vidéo projecteurs), les films proposés sont le plus souvent issus de la cinémathèque du Département et de la cinémathèque régionale à Brazzaville.
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LA COOPERATION AUDIOVISUELLE FRANCAISE

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La coopération entre la France et la RDC dans le domaine de l’audiovisuel et de l’appui aux médias mêle des actions de formation (soutien à l’Institut congolais de l’audiovisuel, soutien à la Haute autorité des médias, au réseau des radios communautaires ...) et de diffusion (TV5, Euronews, RFI). La RDC est un pays immense, dépourvu d’infrastructures classiques, largement francophone, et l’action audiovisuelle est donc un instrument essentiel de promotion de la francophonie.

Dans le contexte actuel de préparation des élections, les médias jouent par ailleurs le rôle très important d’une courroie de transmission entre les instances politiques, les institutions d’appui à la transition, la société civile et la population. L’appui à la professionnalisation et au renforcement des médias contribue donc au bon déroulement de ce processus et à la promotion de l’état de droit. Cet appui s’est exprimé en 2005 notamment par l’organisation d’un cycle de dix ateliers de formation animées par des journalistes de RFI et de France Télévision (par l’intermédiaire de Canal France internationale). Ces ateliers ont aidé les médias congolais à préparer la couverture des échéances électorales. Plus de 130 journalistes ont été ainsi formés.

Un soutien est également apporté aux réalisateurs de cinéma et de télévision pour leur permettre de réaliser leurs projets de films, documentaires, séries télévisées, dans un contexte économique et matériel très difficile.

Professionnalisation des métiers culturels


- La culture : un enjeu stratégique de développement

Il est important de souligner la place essentielle que tient la culture dans l’ensemble de la société congolaise : elle constitue un secteur mobilisateur de la jeunesse et apparaît comme un ciment social fort, pour toute une population en quête de repères et de référents. La musique, par exemple, est le lieu de parole, de prise de position et d’existence sociale de plusieurs millions de personnes, toutes générations et catégories sociales confondues. Les expressions artistiques sont également le lieu de rencontre de tous les réseaux complexes qui tissent la société congolaise : ethniques, religieux, communautaires, financiers...

Connus sur tout le continent pour leur créativité et leur dynamisme, les artistes congolais travaillent dans des conditions matérielles déplorables, ne bénéficient d’aucun cadre réglementaire et juridique protégeant leur activité, sont très isolés des réseaux professionnels internationaux et ont donc grande difficulté à s’exporter. Les circuits de diffusion nationaux étant quasiment inexistants, il leur est également très difficile de vivre de leur activité dans leur pays.
Véhiculant une image moderne et positive du pays, les expressions artistiques sont pourtant en mesure de contribuer au désenclavement du pays, et de devenir ainsi un enjeu stratégique de développement.

Un paysage culturel riche et très diversifié

- La musique

La musique tient une place à part dans la vie congolaise.
La réputation de la musique congolaise n’est plus à faire. Connue partout dans le monde, dansée sur tout le continent africain, la musique rythme la vie au quotidien. De la naissance à la mort, chaque évènement est chanté, et dansé.

Dépourvus d’institut d’enseignement musical approprié, les musiciens sont pour la plupart autodidactes.

Savoureux mélange de sonorités, la rumba congolaise a connu son heure de gloire dans les années 50/60. Des orchestres de renoms se sont illustrés et ont sans nulle doute contribué à véhiculer une image positive de la créativité congolaise. On peut citer le célèbre Wendo Kolosoy et Grand Kallé.

Aujourd’hui la rumba congolaise est toujours dansée et il subsiste à Kinshasa des formations telles que Madilu System ou Bana ok, dissident du Tout puissant ok jazz, incarné par le charismatique Franco.

Mais si la musique congolaise est actuellement internationalement connue, elle le doit à son endiablé Ndombolo, né dans un quartier populaire de la capitale dans les années 70 et qui aujourd’hui encore fait des émules partout en Afrique. De Zaiko Langa Langa, en passant par Papa Wemba, le ndombolo est aujourd’hui représenté par Koffi Olomide, JB Mpiana, Werrason entre autres. Véritables stars, ces artistes bénéficient du soutien et « de la protection de l’Etat congolais » car ils réussissent à drainer des milliers d’adeptes lors de leurs spectacles.

L’apparition récente du coupé décalé, dont sont originaires les congolais vivant en Cote d’ivoire, devrait contribuer à voir apparaître un rythme populaire nouveau dont les kinois aiment avoir la suprématie.

Mais en marge de cette musique « commerciale » subsistent d’autres courants musicaux très riches mais moins connus.
On peut citer les Bayuda du Congo ou le célèbre Konono n°1, qui a permis notamment en Europe de démontrer dernièrement la richesse de la musique traditionnelle congolaise à travers la particularité des Likembe, instruments traditionnels aux sonorités uniques. JPEG

Par ailleurs, certains artistes se regroupent dans un courant qu’ils aiment a appeler « l’autre musique », surtout pour se démarquer du ndombolo et prouver que la musique congolaise peut être plus mélodique. On peut citer entre autre, Jean Goubald par exemple et sa « Bombe anatomique » (album nouvellement sorti)

On assiste également, à Kinshasa comme dans les grandes villes de province (Kisangani, Lubumbashi) à la montée en puissance des jeunes groupes de rap, qui utilisent parfois dans leurs mélodies des rythmes empruntés aux musiques traditionnelles. Pour ces groupes, le véritable défi est de faire accepter cette musique au grand public. Malheureusement, le rap congolais, pourtant de bon niveau a encore beaucoup à faire pour faire entendre sa voix, sur et en dehors du territoire.

La diversité est donc grande au point de vue musical. Malheureusement, les musiciens congolais souffrent pour la plupart de ne pouvoir vivre de leur musique. Beaucoup reste à faire pour leur permettre d’évoluer dans un cadre juridique et réglementaire leur assurant des conditions de vie satisfaisantes.

- Le théâtre

Le théâtre occupe une place tout a fait à part dans la culture congolaise. En effet, on a tendance à dire que « dans chaque parcelle il y a un musicien et un acteur. ». Le théâtre congolais arrive à drainer un public nombreux.
On dénombre plus de 100 compagnies dans la capitale. Lubumbashi et le Katanga, berceau du théâtre congolais dénombre de nombreuses compagnies locales, tout comme Kisangani.

La seule structure d’enseignement du théâtre en RDC est l’Institut National des Arts (INA) JPEG, mais aujourd’hui, la plupart des acteurs, des metteurs en scène...se forment sur le terrain et sont avides d’échanges et de formations qui leur permettent d’améliorer leur technique et leur savoir faire.

Cinq compagnies seulement sont considérées comme professionnelles en RDC.Chacune d’entre elle gère un espace implanté dans les différents quartiers de la capitale, comme c’est le cas par exemple de l’Ecurie Maloba et son espace Mutombo Buitshi qui a longtemps été considéré comme l’espace de référence en terme de diffusion en Afrique centrale.

Partout sur le territoire, sont organisés des festivals permettant à ces compagnies locales de se produire et de présenter leur création.

L’image autrefois très positive du théâtre congolais a été marquée par de grands noms tels que Mikanza, Mutombo Buitshi, Katanga Mupey. Grâce à une nouvelle génération d’acteurs et de metteurs en scène on peut espérer que « les années de crise » soient effacées pour le théâtre congolais et cela laisse augurer un avenir peut être prometteur.

Il n’en reste pas moins que le théâtre en RDC souffre de ne pas avoir les moyens réels de ses ambitions.

- Les arts plastiques

La plupart des artistes plasticiens sont autodidactes. Toutefois il existe l’Académie des Beaux Arts (ABA) de Kinshasa JPEG, unique école d’enseignement supérieur dans le domaine des arts plastiques en RDC. Cet institut, dont l’enseignement reste très académique, est dépourvu de moyens. De nombreux grands noms qui ont marqué les arts congolais restent néanmoins associés à l’ABA pour y enseigner aujourd’hui (le peintre Lema Kussa, le sculpteur Liyolo par exemple). Mais la grande majorité des artistes travaillent dans leur propre espace ou développe des « écoles » ou collectifs en voulant marquer leur différence avec cet enseignement académique. Le peintre Botembe par exemple occupe d’anciens locaux désaffectés pour proposer à une vingtaine d’artiste d’occuper leur « cellule de création ». Celestin Badibanga a créé sa propre école (espace Akhenaton) dans un quartier populaire de la ville et associant à sa démarche toute une nouvelle génération de créateurs tournés sur l’art de la récupération ou le mélange de matériaux. JPEG

Le courant libriste, représenté par Francis Mampuya ou Katenbwé se veut non conventionnel et anti académique.

Mais la peinture congolaise est surtout marquée par le mouvement des peintres populaires, incarnés par Chéri Samba JPEG, Chéri Chérin, Moké ou encore Bodo et Sim Simaro et qui peignent des scènes de la vie quotidienne, des scènes de la rue, la vie politique . Plusieurs expositions internationales ont déjà permis la valorisation de leur travail en France ou en Belgique. On peut souligner par exemple le succès remporté par l’exposition Chéri Samba organisée par la fondation Cartier à Paris en en 2004 ou plus récemment par la rétrospective Africa Remix à Beaubourg en 2005, dans laquelle plusieurs artistes congolais étaient présentés.

- L’action de la France

Hormis les activités du Centre culturel français (voir le site), la coopération française intervient dans le domaine de la professionnalisation du secteur culturel. Un projet de renforcement des compétences artistiques et professionnelles des métiers culturels en RDC a démarré en 2005, qui vise à favoriser un développement structuré du secteur culturel.

La relance de la société de gestion des droits d’auteur et l’actualisation de la loi sur la propriété littéraire et artistique, constituent un axe fort de ce projet mené en collaboration avec le ministère de la culture et des arts de la RDC.

Sont également entrepris des appuis à la réforme pédagogique des instituts supérieurs d’enseignement artistique et culturel : l’Académie des Beaux arts de Kinshasa et l’Institut National des Arts.

Des formations sont aussi mises en place dans le cadre du projet, dans les domaines du théâtre, de la musique et du management culturel. Plus de 150 personnes ont déjà bénéficié de ces formations au cours de l’année 2005.

Pour plus d’informations :

L’Ambassade de France en RDC a soutenu l’édition de 11 carnets de la création présentant l’œuvre d’artistes congolais.

Contact :
Fspcult_rdc@yahoo.fr

Quelques sites intéressants :
- www.congonline.com/Culture

- www.espace-akhenaton.org : un exemple d’espace artistique

- www.ndule2kin.com : portail de la scène hip hop congolaise

Dernière modification : 17/03/2011

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